A propos d'art...

Bienvenu sur ce blog qui est en rapport direct avec notre site http://www.nadiartinternational.com/ . Il a pour but de présenter certains de mes coups de coeurs.
Quelques dossiers thématiques se développeront avec le temps.
Si vous voyez une exposition qui en vaut la peine, rencontrez un artiste de talent ou assistiez à un événement hors du commun, n'hésitez pas à me contacter pour en faire la publicité (info@nadiartinternational.com)
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lundi 19 septembre 2011

Les surréalistes à Paris

‘Voilà 25 ans qu’elle nous emmerde et on n’ose pas lui dire’. C’est en ces termes qu’André Breton s’exprime à propos des dires de la femme de lettre Rachilde lors d’un banquet en l’honneur du poète Saint-Pol Roux à la Closerie des Lilas, un soir de juillet 1925. L’écrivain et comédienne avait proclamé qu’une Française ne saurait pas épouser un Allemand or Max Ernst faisait partie du groupe surréaliste de l’époque. C’est le début d’un énorme pugilat, d’une soirée délirante.

Closerie des Lilas, c. 1920


Le mouvement surréaliste fut toujours plus littéraire que pictural, surtout dans ses années de naissances. Néanmoins des peintres et sculpteurs sont des compagnons de route du mouvement, et Breton se voit contraint de réfléchir au moyen d’intégrer leur travail dans le mouvement et peut-être, d’orienter leurs pas. Il n’est pas dépourvu d’intérêt de noter qu’en plusieurs occasions – avec Miro, Chirico, Giacometti, et d’autres – Breton va « excommunier » les artistes du mouvement dès que leur style changera. Il ne leur laisse pas le droit d’évoluer : c’est sa pensée de leur création qui la fait exister, pense-t-il. Dans Le Surréalisme et la peinture il cadre la place de la peinture et donne ses directives. Ainsi de Miró il écrit : ’L’imagination pure est la seule maîtresse de ce qu’au jour le jour elle s’approprie, et Miró ne doit pas oublier qu’il n’est pour elle qu’un instrument. Son œuvre, qu’on le veuille ou non, engage un certain nombre de notions générales à la révision desquelles d’autres que lui sont attachés."

Carnaval d'Arlequin, 1924
Juan Miró

D’autres peintres ont accompagné, volontairement ou non, les premiers pas du Surréalisme : Chirico, dans sa période métaphysique (qui coïncide avec son séjour rue de Notre-Dame-des-Champs à Montparnasse dont il peindra la gare) avant que son curieux retour au classicisme ne lui attire les foudres horrifiées de Breton ; Ernst, bien sûr, le ‘peintre des illusions’, qui saura évoluer des collages vers l’huile, sans renier le sens de l’étrange qui anime ses compositions, et même d’inventer à partir de 1925 une technique – du grattage et du raclage – qui s’apparente dans son résultat à la mise à jour des secrets enfouis de l’inconscient. Finalement la première manifestation du groupe dans le domaine des arts plastiques aura lieu à la galerie Pierre en novembre 1925. Miró y expose le Carnaval des arlequins et Max Ernst l’une des œuvres phares du surréalisme, Deux enfants menacés par un rossignol. Les autres participants sont Masson, Pierre Roy, Arp, Man Ray. Le catalogue est écrit par Breton et Desnos, dont on sent qu’ils se livrent avec délice à un exercice qui constitue à introduire tous les titres des tableaux dans leur texte romancé. Ils concluent : « Désormais la nuit est reine ; rien ne saura émouvoir ceux dont elle comble les maisons et les cœurs, - rien, pas même le silence, à peine un dialogue d’insecte. »

André Breton devant une toile de
Giorgio de Chirico
 André Breton n’est pas content car il vit sur les flancs de Montmartre mais le Montparnasse des années folles devient rapidement l’épicentre du surréalisme en France.

Juan Miró et André Masson s’y installent, rue Blomet, en 1921, et avec ce dernier, les poètes surréalistes. Masson est beaucoup mieux introduit dans les milieux artistiques. Il est un intellectuel qui a beaucoup lu et sa connaissance des romantiques allemands lui vaudra toute l’attention du célèbre marchand Kahnweiler. La rue Blomet sera le berceau du surréalisme pictural. Les soirées se passent entre peintres – Tanguy, Arp, Masson, Miró et aussi Max Ernst – et écrivains – Armand Salacrou, Michel Leiris, Limbour, Roland Tual, Antonin Artaud, Desnos et parfois Hemingway que Masson a connu chez Gertrude Stein.

Le Rendez-vous des Amis, Max Ernst, 1922
huile sur toile, 130 x 195 cm. Musée Ludwig, Cologne
Sont représentés de gauche à droite
1er rang : René Crevel, Max Ernst (sur les genoux de Fyodor Dostoyevsky)
Théodor Fraenkel, Jean Paulhan, Benjamin Péret, Johannes Th. Baargeld, Robert Desnos
2ème rang : Philippe Soupault, Hans Arp, Max Morise, Raffaele Sanzio, Paul Eluard,
Louis Aragon,André Breton, Giorgio de Chirico, Gala Eluard

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mardi 30 août 2011

Une visite qui vaut le détour

Avec leurs photos, Barbara et Michael Leisgen occupent la scène artistique internationale depuis de nombreuses années.



Accueillis pour la 2ème fois en 'solo exhibition' par la Galerie Engert(Eschweiler) , ils nous présenten, ce mois de septembre, une série de paysages à la lumière éblouissante.
Le paysage est flouté par un soleil tubulaire (sunwriting) qui rampe, se tord ou s'élève tel une sculpture contemporaine.


Le sujet importe peu : c'est l'atmosphère et la poésie qui s'en dégage qui ravit le visiteur.
Quelques petits formats de fleurs découpées sur un fond noir, à l'entrée donnent une note musicale à cette exposition.


Allez la voir : vous serez également conquis !


Dernier détail : l'accrochage est d'une grande sobriété et permet ainsi une juste appréciation des oeuvres accrochées.


Adresse du jour :Galerie Art Engert, Wilhemstrasse 73g, 52249 Eschweiler
Tél. : +49.2403 50 47 77
Mail : info@galerie-art-engert.de

mercredi 17 août 2011

Où et comment acheter une oeuvre d'art?

Nous sommes tous à l'affut de la pièce d'exception, celle qui rehaussera notre collection de plusieurs degrés mais la qualité se paie. Nos chances de trouver une oeuvre originale d'un grand nom à des prix frisant le ridicule n'existent pas ou sont presque nulles. Par contre nous pouvons construire une collection remarquable au fil du temps par différents biais.

Une règle générale : évitez les phénomènes de mode. J'ai eu la chance de vivre une partie de ma jeunesse chez mon grand-père qui collectionnait des tableaux de jeunes artistes. Les tableaux anciens était destinés aux musées me disait-il tout le temps... Il est vrai qu'à l'exception de quelques pièces, toute sa collection était composée d'oeuvres de la 2ème Ecole de Paris, des tableaux très contemporains de son époque, parfois décriés, parfois prometteurs, tels que Soulage, Hartung, Vasarely, Sugaï, Carrade, Hosiasson, Lanskoy, ... Beaucoup sont devenus célèbres par la suite.


L'achat en galerie
Rechercher, découvrir, hésiter, dialoguer avec des gens heureux de partager leur passion, ceci sans plus d'obligation que dans un magasin... : pourquoi se priver de ce petit cérémonial, voie du nécessaire compromis entre les élans du coeur et la rigueur de la raison ?


L'achat en vente publique
Ces achats s'adressent souvent aux personnes plus expérimentées. Vous savez déjà ce que vous voulez acheter et vous avez inspecté l'oeuvre le jour avant lors de l'exposition préalable à la vente ET vous avez déterminé très clairement vos limites d'achat. Un conseil, habituez-vous aux ventes au préalable.


L'achat dans l'atelier de l'Artiste
C'est une pratique à double tranchants. Elle peut orienter votre collection dans une forme de monoculture. Cependant, soutenir un artiste que vous appréciez est une démarche personnelle des plus louables et les échanges culturels et d'opinions peuvent être très riches.


Les achats dans les foires et salons
Les artistes consacrés sont toujours représentés par des intermédiaires mais dans certaines foires les artistes peuvent eux-mêmes louer un stand. Nous revenons aux cas précédemment cités. L'avantage majeur d'une foire est que vous aurez un panel très large de styles et d'artistes différents.


Les achats sur le Net
Attention aux arnaques, faux et abus et tous genres.
Les seuls sites spécialisés dans la vente en ligne d'oeuvres d'art qui fonctionnent bien, hors petites annonces, sont ceux qui pratiquent une formule comme vendre en ligne ET aussi en cimaise, ce qui vous rassurera visuellement sur votre choix, la qualité et l'authenticité des oeuvres présentées par des professionnels. La consultation du site vous permet un pré-choix qui évite un déplacement et vous permet souvent de sonder les prix. En cas de doute consultez-nous.

Qui achète de l'Art?

Avez-vous déjà pensé à ce qui vous pousse à acheter un tableau, une sculpture ? Durant ma vie de marchand, j'ai souvent essayé de décoder les véritables mobiles des acheteurs. Bien sûr, il faut que l'oeuvre plaise. Mais ce n'est pas la seule et unique raison...
Fin des années 80, un collectionneur m'affirmait qu'en dessous de 200.000 FB (environ €5,000), il franchissait le pas sans se soucier d'autre chose que son propre plaisir des yeux mais au dessus de cette somme il prenait en considération d'autres éléments considérant que cela devenait également un investissement !
Acheter une oeuvre d'art actuellement, en plus de l'agrément, revêt de nombreux avantages.
Souvent l'oeuvre achetée par l'amateur d'art est choisie simplement par goût pour mettre dans son salon mais l'art est aussi un marché auquel il faut être attentif. Il peut s'avérer sur le long terme très lucratif. Certaines personnes donc, deviennent 'collectionneurs' pour diversifier leurs placements d'argent.
D'autre sont poussés par un esprit de possession magique de « l'âme » de l'artiste. Ils veulent une représentation de celui-ci à leur mur.
Il y a l'amateur cultivé qui considère l'art comme faisant partie de lui-même. Il aime « le beau », s'entourer d'objets d'art qui l'insèrent dans un monde de raffinement où le passé, le présent et l'avenir se mélangent dans une forme d'intemporalité culturelle.
Enfin, il y a les snobs qui achèteront l'artiste à la mode sans pour autant l'aimer profondément.

Les psychologues avancent plusieurs mécanismes :


 s'approprier l'art, la culture par l'intermédiaire d'un tableau, d'une sculpture, d'une estampe

 perpétuer la mémoire d'une émotion, d'une impression (comme par une photo de famille)

 faire entrer chez soi le rêve, l'imaginaire, avec sa liberté

 satisfaire un besoin esthétique, comme façon d'être (l'oeuvre entre dans la décoration)

 compenser un regret de ne pouvoir en faire autant, de n'être pas artiste soi-même

 se faire interpeller, remettre les choses "au carré", par une oeuvre jugée forte

 faire valoir sa propre originalité, son intelligence, voire sa capacité financière...


Et le véritable collectionneur ?
Il fouine un peu partout pour trouver la ( !) pièce rare. Il est aux aguets tel un chasseur embusqué, prêt à tirer dès que un gibier de qualité se découvre. C'est toujours un plaisir de le côtoyer ! Il vous montre des pièces parfois uniques, vous narre des tas d'anecdotes concernant ses recherches et achats.


C'est ainsi qu'au fil du temps le véritable collectionneur construit une collection qui devient oeuvre elle-même.
Et vous, quelles sont les raisons qui vous poussent réellement à acheter un tableau, une sculpture ?

mardi 21 septembre 2010

Claude Monet au Grand Palais, Paris


Une exposition monumentale de Claude Monet sans le célèbre tableau de 1872, Impression, soleil levant  qui avait donné son nom au groupe, on a difficile de l’imaginer mais le Musée Marmottan a refusé de le prêter. Une histoire à la belge, dirions-nous. Peut-être pas. Plutôt un savant coup de marketing.


Monet. On dit de lui qu’il est le plus grand des Impressionnistes, on le reconnaît comme le chef de file de sa génération et comme le plus grand paysagiste de son temps. On a même appelé le Musée de l’Orangerie et ses Nymphéas la chapelle Sixtine de l’impressionnisme !


Avec ses célèbres séries pour suivre les variations des formes selon le changement de lumière, il a fini par dépasser la notion académique de la forme pour atteindre parfois un niveau proche de la non figuration.


Il a laissé derrière lui plus de 2000 tableaux qui font de lui l’un des plus prestigieux artistes du XIXème, début XXème siècle, un jardin à Giverny où l est toujours agréable de se prélasser, de s'imprégner des ses couleurs et senteurs et surtout, peut-être le plus bel héritage, une source inépuisable d’émotion et d’admiration.


Aujourd’hui , plus de 160 de ses œuvres, venant des 4 coins du monde, sont réunies au Grand Palais et ce, jusqu’en janvier 2011, pour notre plus grand plaisir. L’organisation attend plus de 700.000 visiteurs - soit une moyenne de 5600 par jour - pour cet événement artistique majeur. Réservez donc vos places et achetez vos billets sur internet . Vous trouverez tous les renseignements pratiques, une billeterie électronique et bien sûr tous les détails de l'exposition sur le site conçu pour cet événment.

jeudi 9 septembre 2010

Alechinsky après CoBrA

Il est le plus français des artistes belges et sa notoriété est mondiale aujourd'hui. Pierre Alechinsky, dont le père est russe, naturalisé belge, et la mère bruxelloise d’origine wallonne, est entré en 1944 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts Décoratifs (La Cambre) de Bruxelles. En mars 1949, à la galerie du Séminaire des Arts, où est organisé la première exposition CoBrA, Alechinsky rencontre Christian Dotremont. A partir de ce moment, il collabore aux travaux CoBra jusqu’à sa fin (1951).



Je ne sais si vous avez déjà eu l'occasion de visiter une grande exposition des oeuvres ‘après CoBrA’ de Pierre Alechinsky mais n'hésitez pas à en visiter une à l'occasion. Alechinsky est fascinant par la perfection de ses compositions qui touche aussi bien les images dépouillées que les grands tableaux surchargées. Cela tient à l'équilibre des pleins et des vides, aux répartitions harmonieuses des masses, aux contrastes de couleurs parfaits, à l'élégance des lignes qui se déroulent comme de mystérieuses écritures. L'influence de l'estampe extrême-orientale est manifeste dans cette manière de faire, sentiment qui est corroboré par le fait qu'Alechinsky est allé à Kyoto, en 1955, et qu'il y réalisa un film sur les graveurs et les calligraphes japonais.


Outre cette qualité de la mise en forme, il y a chez Alechinsky une incroyable tension stylistique : dessin au trait nerveux esquissé avec frénésie, vibration forte provoquée par la combinaison des hachures multiples, horreur du vide, expressionnisme de l'image, force de la peinture à l'acrylique ou de l'encre sur le papier marouflé sur toile. Cette énergie de vie est complétée par la présence d'images graphiques récurrentes : serpents (des cobras évidemment), mer, pelures d'orange, chutes d'eau ou volcans... qui se déclinent sur tous les formats et tous les supports.


Pierre Alechinsky, c'était d'abord CoBrA bien sûr, puis le célèbre Central Park mais entre les 2 et aujourd'hui ?  http://url-ok.com/090f96

jeudi 20 mai 2010

Joë Downing à Colmar



Depuis le 8 mai se tient une grande exposition des œuvres de Joë Downing au Musée Unterlinden à Colmar.

Joë, que j’ai connu dès mon enfance, est un poète de la couleur. Des totems aux collages, de la peinture, aquarelle ou gouache, la couleur exalte les formes les plus diverses. Un petit enclos de bleu près d’un petit enclos de rose ou d’un autre bleu, juxtaposant encore un petit enclos… Et soudain naît une toile qui égaie la pièce. Le peintre médite chaque ton, chaque forme et construit ses fééries comme des architectures aux facettes rutilantes.

Pierre Cabanne écrivait à son propos en 1988 « …Fluide ou opaque, la couleur chante, l’enchantement de la fête ordonnée dans la lumière et à travers elle. Cette lumière, qui vient du tableau, en fait vibrer les gemmes et offre à la rétine ses lueurs d’aurore, ses midis triomphants, ses bleus nocturnes de vitrail. »

L’exposition présente la donation de plus de 120 oeuvres de Joe Downing dont le musée d’Unterlinden vient de bénéficier. De ses premiers « agrafages sur papier » qui exploitent les volumes géométriques, aux huiles sur toile qui font littéralement éclater les formes et les couleurs, Joe Downing multiplie les techniques pour imposer son « instinct plastique » dans ses oeuvres d’une abstraction qualifiée de « lyrique ». Peignant à l’huile et à l’aquarelle, il utilise une grande variété de supports : toiles, tuiles, cuir, papier, plaques de cuivre, totems de bois ou de cuir, volets peints, carreaux en terre cuite mais aussi des collages et lithographies… témoignant de son étonnante capacité de renouvellement.


Né à Tompkinsville dans le Kentucky en 1925, il s’installe en France en 1950. Se partage entre son appartement à Paris (quartier du Marais) et son atelier de Ménerbes (Vaucluses).

Il s’éteint le 28 décembre 2007 à Ménerbes.


Exposition du 8 mai au 31 octobre 2010-05-20
Ouvert tous les jours de 9h. à 18h.
Musée d'Unterlinden, 1 rue d'Unterlinden, F - 68000 Colmar